2 Sube y cambio
- dessaintjoel
- 14 mars 2019
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 22 avr. 2023
Un grand merci à Lise et Bianca pour avoir guidé nos premiers pas à Buenos Aires
Nous allons le lendemain dans les îles du delta, près de Tigre, à environ 30 km au nord du centre ville. L’endroit est ainsi appelé parce qu’il était autrefois infesté de jaguars, nommé tigres par les Espagnols. En se jetant dans le rio de la Plata, le rio Parana forte un delta de dizaines d’îles habitées : les habitants se déplacent en petits bateaux et une ligne régulière dessert les principaux carrefours entre les canaux que forment les nombreuses ramifications du fleuve. L’endroit est très apprécié des portenos (les habitants de Buenos Aires) et regorge donc de restaurants sympathiques.

Nous aurions voulu visiter le musée des beaux-arts mais il est fermé pour cause de travaux, la casa rosada (palais du président) fermée pour cause de manifestation (de gauche) au centre-ville ; le cabildo, une des dernières constructions coloniales, abritant le musée de l’indépendance, fermé pour la même raison.
Nous avons donc dû nous contenter de la place de Mayo, où les grands-mères continuent à manifester en souvenir des disparus de la dictature (1976-1983), environ 30000 dont beaucoup ont été jetés drogués dans l’Atlantique depuis des avions ou des hélicoptères. Sur certains trottoirs, devant les bâtiments universitaires, des plaques rappellent leur souvenir.

Sur la place, on peut visiter la cathédrale ; elle abrite le tombeau de Jose de San Martin, el Gran Libertador, Padre de la Nacion, dont on oublie trop souvent qu’il est mort à Boulogne sur mer, ville où –faut-il le rappeler ?- a eu lieu la première distribution de masse de cartes Vitale. Le tombeau est gardé en permanence par deux soldats en grande tenue d’époque.

Tous ces déplacements nous permettent d’approcher la vie quotidienne à Buenos Aires avec ses particularités pittoresques : il est indispensable pour se déplacer en métro d’avoir une carte Sube ; un esprit simple peut se plaire à penser trouver celle-ci dans les stations de métro mais c’est en fait dans les kioscos, petits magasins qui vendent des cigarettes, des sucreries diverses et des boissons qu’on peut les acheter. Les kioscos disposent aussi (généralement) d’un appareil qui vous permet de recharger votre carte Sube. De même, inutile de chercher une carte SIM dans les magasins de téléphones portables : vous l’aurez deviné, celles-ci se trouvent uniquement dans les kioscos, où vous pouvez évidemment les recharger grâce à l’appareil utilisé pour la carte Sube.
Le métro est commode et rapide et l’on comprend vite qu’une même station porte des noms différents lorsqu’elle se trouve sur plusieurs lignes : il suffit d’imaginer qu’à Paris, la station République par exemple, s’appellerait République sur la ligne 9, 14 juillet sur la ligne 5, 11 novembre sur la ligne 8 et Robespierre sur la 11. Par ailleurs, deux stations différentes, situées à des kilomètres de distance, peuvent porter le même nom : là encore, il suffit d’imaginer que la station située Place d’Italie par exemple s’appelle République, comme celle située place de la République.
Le pays a beau s’appeler Argentine, l’argent y est un problème : d’abord bien sûr parce qu’une grande partie de la population n’en a pas mais aussi parce que l’inflation en rend le maniement complexe. Le peso a baissé de 50 % depuis 6 mois et la situation ne s’améliore pas : il y a deux jours, un journal titrait « El infierno verde : el dollar a 44 pesos », soit une baisse de 10 % en quelques jours. La banque centrale remonte régulièrement le taux d’intérêt mais sans grand résultat.
Très logiquement, les banques ne font pas de change[1] (sauf pour leurs clients) et on doit donc s’adresser à un bureau de change ou à un des innombrables changeurs proposant leurs services aux coins des rues (on parle alors de « blu dollares »). Cependant, certaines banques, pour des motifs mystérieux, peuvent changer des devises, moyennant un peu d’attente, à un taux très convenable.
Probablement pour ne pas s’avouer vaincue, la banque centrale n’imprime pas de nouveaux billets tenant compte de l’inflation : la plus grosse coupure reste à 500 pesos[2], soit environ 11 € et il y a toujours des billets de 5 pesos, soit 11 centimes d’euros. On est donc vite muni d’une grande quantité de billets crasseux mais on doit aussi prendre garde aux voleurs : la seule solution consiste à se transformer en marsupial, à la poche ventrale gonflée de monnaie mais peu accessible, ce qui décourage les voleurs mais aussi les achats.
[1] Perdu ! les kioscos n’en font pas non plus
[2] Un Japonais aurait été vu à Ushuaia avec un billet de 1000 pesos mais la confirmation officielle se fait attendre



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